THE : la qualité paie
Difficile, pour les producteurs de thé, d’influencer la baisse des cours. Toutefois, l’amélioration de la qualité et la mise en valeur des thés du terroir pourraient permettre aux meilleures variétés de sortir du lot.
Les cours du thé ne sont pas près de se relever. Selon la Banque Mondiale, ils ont chuté de 44% en valeur réelle entre 1970 et 2000. Quant aux producteurs, ils reçoivent aujourd’hui moitié moins, en termes réels, qu’il y a 30 ans. Le thé, qu’il soit noir ou vert, demeure, après l’eau, la boisson la plus populaire de la planète. Le prix du thé, tributaire des qualités et des quantités demandées par les acheteurs pâtit de la concurrence grandissante d’autres breuvages. De plus, le thé reste le seul produit de base qui se vend aux enchères. Ce système est loin de profiter aux petits producteurs qui n’ont aucune prise sur la fixation des prix. Pour l’heure, l’essentiel du marché reste contrôlé par une poignée de multinationales et il incombe aux producteurs d’inventer eux-mêmes de nouvelles stratégies. Une initiative a vu le jour au Kenya qui vise à protéger les thés du terroir des pratiques peu scrupuleuses des intermédiaires, comme le mélange avec des thés de qualité inférieure ou l’usage abusif de marques existantes. La filière équitable procure déjà une visibilité et une distribution internationales à plusieurs thés, même de façon embryonnaire. Environ 40% de ce thé éthique viennent de petits planteurs et des variétés du Kenya, d’Uganda, de Tanzanie et du Zimbabwe ont ainsi reçu le label Fairtrade (prix d’achat décent aux producteurs et d’un mode de production respectueux de l’environnent). (Dans Spore, n° 122, avril 2006)
Principaux pays ACP d’Afrique producteurs et exportateurs de thé :
Pays Production (en tonnes) en 2004 Exportations en tonnes en 2003
Kenya 290.000 293.751
Malawi 45.000 37.945
Tanzanie 25.500 20.887
Rwanda 15.484 15.170
Zimbabwe 22.000 13.335
Une Plate-forme pour la souveraineté alimentaire s’est tenue à Bruxelles en avril dernier…
30 organisations de la « société civile » réunies à Harare en mars dernier lancent un appel général pour arrêter les APE.
Voici quelques points recueillis à cette occasion…Alors que les agriculteurs sont capables de nourrir l’ensemble de la population mondiale, près de 900 millions de personnes souffrent encore aujourd’hui de la faim. Ce sont principalement les paysans et leurs familles, c’est-à-dire ceux qui produisent de quoi manger, qui souffrent de la malnutrition. Ils forment la majorité de ceux qui vivent dans l’extrême pauvreté parce qu’ils ne peuvent pas vivre de leur travail. La moitié de l’humanité, qui compte directement sur l’agriculture pour assurer sa survie, endure une situation catastrophique, marquée par le chômage, la pauvreté, l’exode ou la faim. 10 ans après le dernier sommet mondial sur l’alimentation, le nombre de personnes souffrant de la faim continue d’augmenter. La pauvreté et la faim ne sont pas une fatalité. Elles sont, dans la majorité des cas, le résultat de choix politiques. Les prix des produits échangés sur les marchés internationaux sont trop bas et ne permettent plus à la majorité de vivre décemment. Cette compétitivité agricole bénéficie non pas à la moitié de l’humanité qui travaille la terre mais bien aux industries transnationales de l’agro-alimentaire, aux grosses exploitations et aux grandes surfaces. Cette logique de concurrence et de dérégulation limite la possibilité pour les Etats d’appliquer des règles assurant une politique agricole durable. L’Europe joue un rôle très important dans l’orientation de cette politique agricole et commerciale. L’Europe et les pays les plus puissants poussent partout cette politique de bas prix. Si elle se l’inflige à elle-même, l’Europe l’impose aussi aux pays ACP au travers des « Accords de Partenariat économiques » (APE).
(Du CNCD et 11.11.11.)
30 organisations de la société civile engagées dans la campagne « stop aux APE » se sont réunies à Harare (Zimbabwe) du 27 au 30 mars derniers pour arrêter les soi-disant APE. L’objectif de la rencontre, organisée sous le patronage de Africa Trade Network (ATN), était de souligner les problèmes liés aux APE et d’en appeler à la fois aux pays ACP et à UE pour prêter une attention plus soutenue sur les impacts dans la vie des citoyens. (Africa InfoServ infoserv@africafiles.org)
Médicaments génériques et culture en Afrique de l’Artemisia
En Ouganda, une société locale va commencer bientôt à produire et exporter des médicaments anti VIH et SIDA. Le président ougandais Yoweri Museveni a établi un contrat avec CIPLA, le plus grand producteur de médicaments génériques. Cette compagnie est basée en Inde. Cette implantation créera 300 emplois locaux et pourra toucher un marché potentiel de 200 millions de personnes. L’Ouganda est dans la ligne de front pour la lutte contre le SIDA en Afrique. Source : Comboni
L’Afrique étant le continent le plus touché par le paludisme, il est apparu pertinent d’y tester et d’y étendre la culture d’Artemisia plutôt que de l’importer d’Asie. Des programmes sont en cours dans plusieurs pays afin de la produire en grosse quantité et à moindre coût. La culture se développe surtout au Kenya, au Mozambique, au Nigeria, en Ouganda et en Tanzanie. Des essais ont également eu lieu au Cameroun et à Madagascar. (Dans Spore, n° 122, avril 2006)
Contrôle des armes…
Une initiative africaine à saluer.
Une nouvelle convention sur les armes légères et de petit calibre en Afrique de l’Ouest sera proposée à la signature des chefs d’Etat de la CEDEAO lors de leur rencontre annuelle en juin prochain. La CEDEAO a élargi la portée de son mandat, initialement compétent exclusivement en matière économique et financière vers le domaine de la sécurité. Les efforts ouest-africains de lutte contre les armes légères commencent au lendemain de la rébellion touareg qui déstabilise le Nord du Mali et le Niger, au début des années 90. Si cette convention, proposée par le Secrétariat exécutif de la CEDEAO est effectivement signée par les chefs d’Etat et de gouvernement en juin prochain, l’Afrique de l’Ouest pourra fièrement et à juste titre, présenter son nouveau cadre normatif lors de la prochaine conférence de Nations unies sur les armes légères, qui aura lieu à la fin du mois de juin.
Un congolais au Conseil de Sécurité
Parmi les représentants de la société civile appelés à s’exprimer au Conseil de Sécurité lors de la réunion du 20 mars dernier, M. Charles Nasibu Bilali, a eu l’honneur d’être choisi pour parler des problèmes causés par la prolifération des armes légères dans son pays d’origine, la RDC. Alors qu’un embargo sur les armes a été instauré en 2003, les trafics se sont faits plus discrets, mais n’ont pas cessé pour autant. Les recommandations de M. Charles Nasibu Bilali, pour se limiter à celles dont la portée est internationale, concernaient :
- l’ instauration de sanctions envers les pays impliqués dans des trafics d’armes vers la RDC,
- l’adoption par l’ONU du Traité sur le commerce des armes proposé par une coalition d’ONG,
- la mise en œuvre de l’instrument international sur la traçabilité des armes adopté par l’ONU en 2005,
- l’adoption d’un instrument similaire visant les courtiers en armement afin de mieux contrôler leurs activités. (Dans Les nouvelles du GRIP, 1/06) Bruxelles, 05/05/06



